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styles belges

On aime ce nouveau système de classification ! Qu’en est-il des styles belges ?

15 janvier 2021

Appréhender l’univers des bières en tenant compte avant tout de la “buvabilité”, c’est l’option choisie par l’European Beer Consumers Union (EBCU) dans son système récent de classification des styles. Pratique et pertinent. Voyons ce que cela donne pour les styles belges.

 

Comment parler d’une bière ? Comment la présenter au consommateur ? Le monde de la bière est gustativement si large qu’il ne suffit évidemment pas de se présenter comme “bière” pour définir son produit. C’est là l’intérêt principal d’une classification par style. La première tentative solide de définir les différents styles est celle de Michael Jackson dans son livre référence The World guide to beer paru en 1977. Depuis, plusieurs listes se sont développées, issus de différents pays et organisations. Les plus connues sont celles de la Brewers Association (aux Etats-Unis) et du BJCP (Beer Judge Certification program). Très complètes, ultra-détaillées, elles sont essentiellement destinées à classer les bières le plus finement possible dans le cadre de concours. Utiles, mais peu commodes pour le commun des buveurs de bière.

Le travail récent de l’European Beer Consumers Union (EBCU) a une ambition plus pratique :

“Un style de bière est un accord informel entre un brasseur et un consommateur, qui s’exprime par un nom sur une étiquette, par lequel le premier donne au dernier une idée approximative de ce qu’il va acheter.”

Pragmatique et pas du tout pompeux ou prétentieux, donc.

 

Avant tout, comme toujours, le type de fermentation

Classiquement, le premier critère est celui de la fermentation. Les Lagers (basse fermentation), les Ales (haute fermentation) et la fermentation spontanée. Concernant les bières belges, rien à signaler au niveau de la basse fermentation. On en brasse beaucoup, évidemment, mais aucun style de lager n’est né chez nous. A l’inverse, la fermentation spontanée est indissociable de notre pays. Les styles de bières à base de Lambic ont leur propre catégorie tant il s’agit d’un monde à part, au niveau brassicole et gustatif. Il en va de même pour les bières de fermentation mixte, comme la Oud bruin (vieille brune de Flandre) par exemple.

 

Les Ales : Session, Samplimg, Sipping

Ce qui nous intéresse dans le système produit par l’EBCU, ce sont les ales (haute fermentation, l’immense majorité des bières belges). On retrouve ici le souci pratique dans le premier critère choisi, celui de la teneur alcoolique, de la buvabilité. Trois grands groupes : en anglais, Session, Sampling, Sipping. Se boit en grande quantité, se goûte, se déguste. Il n’existe pas de traduction “officielle” en français, mais voilà l’idée. Nos brasseurs utilisent beaucoup le terme “pintable” ou “bière de soif” pour exprimer la grande buvabilité que recouvre le mot session. Pour le reste, un vocabulaire reste sans doute encore à forger ! 

 

Les Ales: les 6 styles belges (et j’en ajoute 2)

Ensuite, dans ces trois groupes généraux se distribuent les différents styles, par ancrage géographique. La Belgique est reconnue pour la grande diversité des styles de ales nés sur son petit territoire. Comment l’EBCU les répertorie-t-elle dans son “système” ?

 

Belgian Session Ales (bières belge à pinter) : Spéciale (ambrée légère comme la Palm ou la Vieux Temps)

Belgian Sampling Ales (bières belge à goûter) : Blonde belge (Leffe blonde), Double (Chimay Rouge)

Belgian Sipping Ales (bière belge à Déguster) : Triple (Westmalle Triple), Blonde belge forte (Duvel), Brune belge forte (ou Quadruple) (Rochefort 8 ou 10)

 

On remarquera l’absence du style Saison, autre monument brassicole belge. Pourquoi donc ? Entre autres parce que ce style est historiquement marqué par une fermentation mixte, c’est-à-dire que des levures sauvages entrent dans sa conception. A mon niveau, par simplification et parce que les levures sauvages sont finalement assez rares dans les saisons d’aujourd’hui, j’ajouterais le style Saison au groupe des Belgian Session Ales. 

Autre absente, la Witbier. L’EBCU classe à part les bières de blé et d’autres céréales. A nouveau, pour simplifier et parce qu’il s’agit bien d’une ale, j’ajoute la Witbier au groupe de Belgian Session Ales. 

Ceci n’épuise évidemment pas l’ensemble des bières brassées en Belgique ! Point d’IPA, de Sour IPA, de Stout, etc., des styles d’inspirations étrangères. Le même schéma s’applique d’ailleurs pour les autres pays européens et est intéressant pour découvrir les styles qui ne nous sont pas familiers. 

 

 

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